mercredi 9 juillet 2008

Célébrons




Cette année, la France n'a rien gagné. Avec une forme d'impatience, des millions de supporters, pour l'occasion, ont guetté le succès attendu. 10 ans après, l'obligation de victoire tombait quasiment sous le sens.
Hélas, le fiasco fut total. Le flop, retentissant. Par la suite, on alla même jusqu'à parler de honte et à réclamer des têtes. Ou plutôt une tête. Une seule : celle du Ray-man. Comme si l'insuccès avait été le produit soudain d'un sabordage en règle d'une fête déjà écrite, comme si les conditions de la victoire avaient été détruites minutieusement et consciemment par l'homme à la tête de l'armada prétendument invincible. Il fallait n'avoir pas vu les indices de l'après-9 juillet 2006 pour imaginer qu'un tel succès n'était pas plausible.

Les célébrations récurrentes sont-elles devenues si jurisprudentielles pour que les faits tels qu'ils apparaissaient deviennent moins probants qu'une certitude d'inéluctabilité d'un événement festif ?


Fort heureusement, un autre événement est venu tirer les médias de la morosité. Le champagne avait à peine eu le temps de réchauffer que l'occasion de le sabrer s'est enfin présentée. Et pour d'excellentes raisons de surcroît. Pour une femme généreuse et aux combats dans laquelle la France et ses valeurs se reconnaissent tant.
Rien ou presque n'est venu gâché la jolie fête. Ni une radio suisse persifleuse, ni une ex-candidate à la présidence trop encline à la suspicion de récupération, ni les réserves que d'aucuns émettront sur la mise en avant excessive d'une puissance transcendantale (quand dans le même temps, on réfute toute crédibilité à l'hypothèse du rôle d'une somme d'argent, bien matérielle) ne viendront tempérer l'enivrant événement perpétuel.
Vive Dieu, vive la France.
A vous Cognacq-Jay, à vous les studios.

dimanche 29 juin 2008

Au bout du compte


- Nous sommes à la fin d'un cycle politique. Celui qui a été ouvert au congrès d'Epinay doit se clore maintenant, pour en commencer un nouveau. L'union de la gauche de François Mitterrand, telle qu'elle a été conçue dans les années 1970, puis la gauche plurielle de Lionel Jospin servent de socle, mais ne suffisent plus.
extrait de Si la gauche veut des idées - lemonde.fr du 26 06 2008


- Ma conviction, c'est qu'au XXIe siècle, être libéral et socialiste, c'est totalement incompatible
Le Figaro - 26 05 2008

- 'Non , non, ne montez pas, il y a du monde dans la rue.' J'ai François Bayrou au téléphone. Il est là haut chez lui et moi, je suis en bas dans la voiture. Je n'en reviens pas. Au dernier moment, François Bayrou refuse de me recevoir. Comme un amoureux qui craint la panne ou comme un adultère risqué. (...) 'Mais c'est vous qui me l'avez proposé. Il faut bien se parler puisque le téléphone n'est pas sûr.' J'insiste. Nous sommes en début de semaine. J'ai proposé à François Bayrou de venir à Matignon si je suis élue. DSK ayant déserté le champ de bataille, je me suis tout naturellement tournée vers lui. (...)
Ma plus belle histoire, c'est vous - cité par Rue 89 le 03 12 2007


François Bayrou est-il solube dans l'anti-libéralisme ?

mercredi 25 juin 2008

La République des bleus - épisode 1 : 1958


Il fallait rebondir sur l'une des notes de ce drôle d'animal qu'est l'éduc au ps.

Il évoquait les parallèles troublants existant entre l'Equipe de France de football masculine et les trajectoires politiques de notre pays.

Souvent abordé par d'excellents magazines (So Foot,etc.) ou par d'excellents chroniqueurs (l'éduc au ps), il est temps de développer ce sujet auprès de tous les camarades que le sujet football n'intéresse pas sous un angle qui puisse leur paraître digeste à défaut d'être réellement digne d'intérêt.
La première étape de la démonstration se déroule en 1958.

Certes, la gauche est alors bien moribonde puisqu'elle voit l'ombre gigantesque du Général fondre sur la République dans un tourbillon irrépressible. C'est la crise algérienne qui provoque ce retour à la Zidane. Lasse du régime parlementaire qui ne sait plus jouer collectif, la France a besoin de l'homme providentiel pour se relever et redresser la tête. Le retour est savamment orchestré en coulisses dès le 13 mai 1958 par le putsch des généraux d'Alger, la nomination de Charles de Gaulle au poste de Président du Conseil de l'agonisante IVème est pour bientôt.

13... c'est également le nombre de buts inscrits par l'autre homme providentiel de la France en cette année 1958.
Just Fontaine profite de la blessure de l'attaquant titulaire René Bliard pour établir un record inégal(able)é.
Grâce à lui (mais aussi au fils d'immigré polonais Raymond Kopa), la France parvient à se hisser jusqu'aux demi-finales de la Coupe du Monde organisée en Suède.
Elle ne devra son élimination qu'à la rencontre d'une équipe qui marche alors sur l'eau, à la virtuosité atavique et emmenée par un futur ministre des sports :
Roselyne Bach ... le grand Pelé.

jeudi 19 juin 2008

Un caillou dans la chaussure



Voilà un film qui a su se faire attendre. Comme souvent dans ces cas-là, l'effet des vases communiquants des émotions pourrait faire son oeuvre destructrice de plaisir. Par un étrange phénomène, l'attente suscitée par un film peut être inversement proportionnelle au plaisir qu'on aura à le visionner.

Ici, l'attente est gigantesque.

D'abord, parce que c'est Kusturica, l'orfèvre bordélique de l'onirique.

Enfin, parce que c'est le héros de millions de gamins, au-delà même de ce que put être Indiana Jones, plus adulé que le Che, plus oecuménique que Jésus-Christ, c'est Maradona... ou Diego... ou Diego Armando... ou la main de Dieu, ou le Pibe de Oro... ou le pourri qui a marqué de la main... ou le génie qui a planté le but du siècle.

Le sale petit gosse de l'autre pays du football sud-américain n'avait pas besoin de se rappeler au bon souvenir de qui que ce soit. D'une manière ou d'une autre il vibre en quiconque fait du football un art à part et en chaque enfant qui frotte son nez morveux du revers de la main avant de se ruer sur ceux qui l'importunent.
Souvent, Maradona s'est battu, plusieurs fois il a dépassé les bornes, parfois il est allé trop loin.
Si malgré tous les excès, il emporte l'adhésion, c'est parce que Maradona n'aurait pas dû exister. Il est une anomalie dans l'évolution du football, il est poil à gratter pour tout apparatchik d'un sport qui aspire à la respectabilité sans aspérités.