mercredi 18 mars 2009

Si vous le pouvez


Demain, 19 mars, il sera à nouveau possible aux salariés, aux demandeurs d'emploi, aux retraités et à tous ceux, nombreux, que ce pouvoir exaspère de s'exprimer en défilant.
Pour certains, ce mode d'expression est devenu ringard.
Il ne faut jamais défiler pour porter un tel regard...
Le temps d'une manifestation, les coudes se resserrent, une forme de bienveillance non feinte enveloppe chacun des participants par le regard porté par les voisins.
Il est de coutume de dire que certains se sont battus durement pour obtenir ce droit d
e grève, pour exercer ce droit de manifester.

Aujourd'hui encore, pour d'autres, il est impossible de débrayer et il en sera de même demain. Que ce soit pour une journée, une demi-journée, ou une heure.

Complexité financière lorsque le pouvoir d'achat est devenu trop faible ou trop instable du fait de chômage partiel.
Complexité morale qui rend difficile l'expression lorsque la quasi-absence de syndicats concourt dans l'entreprise petite ou moyenne à l'instauration d'un climat dans lequel le chef d'entreprise n
'est plus qu'un roitelet entouré de sa garde d'amuseurs craignant d'être les prochains à faire les frais de l'incompétence et des caprices.
Ceux-là défileront jeudi, par procuration, ils ne seront inclus dans aucun chiffre, ni syndical, ni policier.

jeudi 12 mars 2009

Clins d'yeux


Une chanson coup de coeur. Certaines, certains pourront dire s'ils se sont reconnus.

GERALDINE by Glasvegas

when your sparkle evades your soul

i`ll be at your side to console
when your standing on the window ledge
i`ll talk you back from the edge
i will turn your tide
be your shepard and your guide
when your lost in the deep and darkest place around
may my words walk you home safe and sound

when you say that im no good and you feel like walking
i need to make sure you know thats just the prescription talking
when your feet decide to walk you on the wayward side
up upon the stairs and down the downward slide
i will turn your tide
do all that i can to heal you inside
i`ll be the angel on your shoulder
my name is geraldine, im your social worker


i see you need me
i know you do

mercredi 11 mars 2009

Unité un jour


Les français s'intéressent très peu aux élections européennes. C'est un sondage qui le révèle. Ca vaut ce que vaut un sondage... mais ses résultats sont sans appel, même en intégrant une marge d'erreur inhérente à l'exercice.

Est-ce pour cela que certains membres du Parti Socialiste se sont à nouveau enferré dans une polémique retentissante ? S'agit-il d'une fine méthode qui consiste à faire converger les regards vers ce scrutin délaissé en parlant très très fort ? Si c'est le cas, c'est réussi.

La composition d'une liste, c'est important. C'est pour cela qu'elles sont si compliquées à élaborer et c'est pour cela que l'on crée, mécaniquement, des mécontentements. La composition des listes pour les européennes
a recueilli l'assentiment majoritaire et massif du conseil national (93%), composé à stricte proportion du vote des militants sur les motions du congrès de Reims. Rien que ça.
Pourtant, d
es voix se font entendre, des communiqués plurinominaux sont publiés afin de marquer une supposée absurdité de la composition des listes.

Le problème est
que l'expression desdits mécontents est très largement exagérée quand on rapporte son ampleur à celle exprimée au sein du conseil national dont la représentation est fidèle au vote militant. Le PS est excellent vendeur de polémiques, et les médias sont très bons clients. Je regrette aujourd'hui que l'expression de ces désaccords ait pris une telle ampleur. Ils peuvent être légitimes et leur expression est nécessaire dès lors qu'ils engagent leur auteur en âme et conscience. Mais je m'interroge sur l'opportunité d'un tel brouhaha alors que le retour du Parti Socialiste dans la vie sociale et politique commence à être reconnu et même salué par nos concitoyens. J'aurais souhaité, tout comme Karim, la présence de Gwenegan Bui en position éligible sur les listes européennes de la circonscription ouest. Pour autant et sans réserve je voterai en faveur de la liste débattue et proposée pour les élections européennes prochaines.

lundi 9 mars 2009

Encyclopédie socialiste syndicale et coopérative de l'Internationale Ouvrière - 2



Aux élections législatives de 1906, deux candidatures socialistes avaient été posées dans le Finistère et donné lieu à des campagnes électorales où le Socialisme fut nettement affirmé. Le citoyen Goude obtenait, dans la première de Brest, 4349 voix et dans la première de Morlaix 999 travailleurs répondaient à l'appel qui leur était adressé par Yves le Febvre en lui donnant leurs voix. Ce résultat permettait toutes les espérances !

Le 2 décembre 1905, les militants de la région de Brest lançaient un vaillant hebdomadaire L'Egalitaire qui, durant 32 mois, fut le trait d'union entre les militants socialistes du département et ceux de la grande ville ouvrière qui devait quelques années plus tard, donner son adhésion réfléchie au Parti Socialiste. Dès lors le mouvement est lancé et rien ne l'arrêtera; en 1907, Masson est battu au Conseil général, mais la Fédération ouvrira, trois après, une période de victoires éclatantes.


Le 15 octobre 1908, deux mois après la disparition de l'Egalitaire, la Fédération met sur pied un nouvel organe Le Cri du Peuple qui a bientôt son imprimerie et qui lance l'idée d'un quotidien, La Bretagne Socialiste, en voie de formation.

En mai 1910, c'est une belle action d'ensemble que la Fédération entreprend en présentant des candidatures socialistes dans 5 circonscriptions sur 11.

Goude, dans la première de Brest, obtient 7350 voix au premier tour, il est élu député au deuxième. Le Gall, instituteur, trouve 1901 suffrages dans la deuxième; à Morlaix c'est 726 travailleurs s'affirmant sur le nom de Grall, et à Quimper, Le Goïc obtient 736 voix dans la première, et Masson 3548 dans la deuxième.

14266 voix socialistes dans le département ! C'était le prélude de nouveaux succès et la certitude de la conquête de Brest.


Au mois de juillet de la même année, Goude emporte, de haute lutte, le siège de conseiller général du 2è canton de Brest par 2852 voix contre 1323 au réactionnaire Homo et 1523 au radical Piton, conseiller sortant, tandis que dans le 3è canton, Masson enlève également le siège de conseiller général par 1368 voix contre 1104 au Dr Houdart, réactionnaire. Le citoyen Philippot est à son tour élu conseiller d'arrondissement par 1275 voix contre 1181 au réactionnaire Lamarque, conseiller sortant.


mercredi 4 mars 2009

Bernard ponce


Bernard Accoyer était l'invité de France Inter ce matin. On ne dira jamais assez l'importance de ces moments durant lesquels les ondes s'invitent dans nos oreilles en nous proposant d'y installer unetelle ou untel. Quelle que soit la radio qui a nos préférences matinales, ce moment tout particulier des questions aux invités peut parfois conditionner notre journée. Autant le dire, le Président de l'Assemblée Nationale m'a mis de fort mauvaise humeur.

J'avais pourtant décidé de laisser en ma couche la désagréable impression g
énérée par son attitude durant les débats sur la restriction du droit d'amendement. Sa partialité d'alors contrastait avec les vieux barons du gaullisme à qui il succédait, pour lesquels la fonction prenait le pas sur les querelles partisanes.
Des femmes et hommes politiques d'aujourd'hui se distinguent en ce que nombre d'entre eux prêtent le flanc aux poncifs éculés. Sans succomber aux brèves de comptoir ou aux clichés réacs et populistes, ils ont tendance à rabâcher des idées toutes faites qui sont le fruit d'un point de vue subjectif plutôt que la présentation d'une vérité intangible. Ainsi, Monsieur Accoyer, interrogé sur le parlementarisme en général et en France en particulier, n'a pas manqué de cautionner la perpétuelle prise en main du pouvoir par l'exécutif en tirant à vue sur deux macchabées déjà froids : les Troisième et Quatrième Républiques.

Pour ceux que l'histoire du droit constitutionnel passionne autant que l'histoire du zéro, sachez que communément, la Troisième République et son successeur, la Quatrième, sont rien que des régimes tout nuls parce qu'instables parce que les parlementaires faisaient rien qu'à faire valser les portefeuilles ministériels. Or,
il existe aujourd'hui des outils juridiques permettant de tempérer les excès d'hier ayant contribué aux renversements de gouvernement incessants qui posent tant de soucis aux obsédés de la Cinquième. Pourtant lorsque vous évoquez le souhait que le parlement soit revalorisé, il n'est pas rare que l'on vous réponde par un grand cri d'effroi en hurlant que "douxenfantjésusvousn'ypensezpas, que faîtes-vous donc de la 3° et de la 4° Républiques".

Comme si elles étaient des tâches dans notre histoire... comme si Aristide Briand, Raymond Poincaré, Emile Combes et Waldeck-Rousseau étaient des figures à rayer... Ces deux régimes parlementaires, morceaux clés de notre démocratie, portent leur part de désagréments, mais quelle lumière nous ont-ils apporté : assise républicaine du régime, laïcité, libertés publiques, création de droits sociaux incontournables, reconstruction après le désastre de 39-45, concrétisation de l'idée européenne.

Ceux qui poussent des cris épouvantés en évoquant cette part de notre histoire constitutionnelle sont pourtant supposés connaître tous les bénéfices d'un régime parlementaire qui rend possible le débat national. Il est bien étrange d'y préférer le caporalisme d'un régime qu'un homme seul infléchit par sa seule pratique du pouvoir et de la vie.
Surtout lorsque l'on préside l'Assemblée Nationale.

lundi 2 mars 2009