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Aux élections législatives de 1906, deux candidatures socialistes avaient été posées dans le Finistère et donné lieu à des campagnes électorales où le Socialisme fut nettement affirmé. Le citoyen Goude obtenait, dans la première de Brest, 4349 voix et dans la première de Morlaix 999 travailleurs répondaient à l'appel qui leur était adressé par Yves le Febvre en lui donnant leurs voix. Ce résultat permettait toutes les espérances !
Le 2 décembre 1905, les militants de la région de Brest lançaient un vaillant hebdomadaire L'Egalitaire qui, durant 32 mois, fut le trait d'union entre les militants socialistes du département et ceux de la grande ville ouvrière qui devait quelques années plus tard, donner son adhésion réfléchie au Parti Socialiste. Dès lors le mouvement est lancé et rien ne l'arrêtera; en 1907, Masson est battu au Conseil général, mais la Fédération ouvrira, trois après, une période de victoires éclatantes.
Le 15 octobre 1908, deux mois après la disparition de l'Egalitaire, la Fédération met sur pied un nouvel organe Le Cri du Peuple qui a bientôt son imprimerie et qui lance l'idée d'un quotidien, La Bretagne Socialiste, en voie de formation.
En mai 1910, c'est une belle action d'ensemble que la Fédération entreprend en présentant des candidatures socialistes dans 5 circonscriptions sur 11.
Goude, dans la première de Brest, obtient 7350 voix au premier tour, il est élu député au deuxième. Le Gall, instituteur, trouve 1901 suffrages dans la deuxième; à Morlaix c'est 726 travailleurs s'affirmant sur le nom de Grall, et à Quimper, Le Goïc obtient 736 voix dans la première, et Masson 3548 dans la deuxième.
14266 voix socialistes dans le département ! C'était le prélude de nouveaux succès et la certitude de la conquête de Brest.
Au mois de juillet de la même année, Goude emporte, de haute lutte, le siège de conseiller général du 2è canton de Brest par 2852 voix contre 1323 au réactionnaire Homo et 1523 au radical Piton, conseiller sortant, tandis que dans le 3è canton, Masson enlève également le siège de conseiller général par 1368 voix contre 1104 au Dr Houdart, réactionnaire. Le citoyen Philippot est à son tour élu conseiller d'arrondissement par 1275 voix contre 1181 au réactionnaire Lamarque, conseiller sortant.
Bernard Accoyer était l'invité de France Inter ce matin. On ne dira jamais assez l'importance de ces moments durant lesquels les ondes s'invitent dans nos oreilles en nous proposant d'y installer unetelle ou untel. Quelle que soit la radio qui a nos préférences matinales, ce moment tout particulier des questions aux invités peut parfois conditionner notre journée. Autant le dire, le Président de l'Assemblée Nationale m'a mis de fort mauvaise humeur.
J'avais pourtant décidé de laisser en ma couche la désagréable impression g
énérée par son attitude durant les débats sur la restriction du droit d'amendement. Sa partialité d'alors contrastait avec les vieux barons du gaullisme à qui il succédait, pour lesquels la fonction prenait le pas sur les querelles partisanes.
Des femmes et hommes politiques d'aujourd'hui se distinguent en ce que nombre d'entre eux prêtent le flanc aux poncifs éculés. Sans succomber aux brèves de comptoir ou aux clichés réacs et populistes, ils ont tendance à rabâcher des idées toutes faites qui sont le fruit d'un point de vue subjectif plutôt que la présentation d'une vérité intangible. Ainsi, Monsieur Accoyer, interrogé sur le parlementarisme en général et en France en particulier, n'a pas manqué de cautionner la perpétuelle prise en main du pouvoir par l'exécutif en tirant à vue sur deux macchabées déjà froids : les Troisième et Quatrième Républiques.
Pour ceux que l'histoire du droit constitutionnel passionne autant que l'histoire du zéro, sachez que communément, la Troisième République et son successeur, la Quatrième, sont rien que des régimes tout nuls parce qu'instables parce que les parlementaires faisaient rien qu'à faire valser les portefeuilles ministériels. Or, il existe aujourd'hui des outils juridiques permettant de tempérer les excès d'hier ayant contribué aux renversements de gouvernement incessants qui posent tant de soucis aux obsédés de la Cinquième. Pourtant lorsque vous évoquez le souhait que le parlement soit revalorisé, il n'est pas rare que l'on vous réponde par un grand cri d'effroi en hurlant que "douxenfantjésusvousn'ypensezpas, que faîtes-vous donc de la 3° et de la 4° Républiques".
Comme si elles étaient des tâches dans notre histoire... comme si Aristide Briand, Raymond Poincaré, Emile Combes et Waldeck-Rousseau étaient des figures à rayer... Ces deux régimes parlementaires, morceaux clés de notre démocratie, portent leur part de désagréments, mais quelle lumière nous ont-ils apporté : assise républicaine du régime, laïcité, libertés publiques, création de droits sociaux incontournables, reconstruction après le désastre de 39-45, concrétisation de l'idée européenne.
Ceux qui poussent des cris épouvantés en évoquant cette part de notre histoire constitutionnelle sont pourtant supposés connaître tous les bénéfices d'un régime parlementaire qui rend possible le débat national. Il est bien étrange d'y préférer le caporalisme d'un régime qu'un homme seul infléchit par sa seule pratique du pouvoir et de la vie.
Surtout lorsque l'on préside l'Assemblée Nationale.