La Question Humaine est un film de Nicolas Klotz adapté du roman homonyme de François Emmanuel.
Simon (Mathieu Amalric) est cadre d'une multinationale pétrochimique, la SC Farb. Il évolue dans un univers aseptisé où les cadres sont rasés de près et où l'initiative individuelle n'est qu'une illusion.
Tout concourt à mobiliser les esprits des cadres dans un objectif unique : le bien-être de la société Farb, pour la plus délicieuse satisfaction de ses actionnaires.
De par son poste de psychologue, Simon a une place d'importance dans la tenue du dossier ressources humaines. Recrutement, séminaires d'adaptation et de motivation, plans sociaux; les dirigeants de l'entreprise, Mathias Jüst (Michael Lonsdale) et Karl Rose (Jean-Pierre Kalfon), sont parfaitement conscients de ses compétences et de son engagement.
Quelque chose cloche bien évidemment dans ce tableau trop gris et glacial.
Les mots sont parfois utilisés comme des systèmes froids, déresponsabilisants et destructeurs.
Simon et le spectateur vont découvrir (ou redécouvrir) que lorsque l'on vide la langue de son sens, on peut cacher derrière des mots vides, techniques et neutres des idées précises, orientées et dangereuses.
Ces tournures de phrases permettront d'autant plus facilement l'adhésion qu'elles donneront le sentiment de n'engager à rien... comme une notice d'utilisation agrémentée de conseils qui ne mangent pas de pains et qui ménagent la bonne conscience de ceux qui y souscrivent par leurs tâches quotidiennes.
La banalité n'est pas toujours là où on voudrait bien nous le faire croire. Elle peut se dissimuler derrière le sensationnalisme d'images bling-bling qui amusent les yeux et délient les langues, mais sert également de déguisement pour grignoter ou dévorer, bien planqué, toute idée de dignité.
mardi 30 octobre 2007
Ce qu'il y a derrière trois fois rien
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Le crabe et le surimi
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dimanche 28 octobre 2007
vendredi 26 octobre 2007
lundi 22 octobre 2007
Droopy or not Droopy
Je ne parviens pas à le percevoir tel qu'on le présente souvent : fade et triste.
Par exemple, les Guignols de l'Info croient bon de le présenter comme le Droopy gouvernemental en chef. Voilà bien l'une des choses qu'on pourrait leur reprocher. Pour le plaisir d'un bon mot ou d'un coup de trait psychologique qui permet facilement le gag récurrent, ils passent à côté du talent qui était celui des anciens auteurs, Jean-François Halin et Benoît Délepine, qui savaient décrypter les apparences. Mais nous y reviendrons probablement un jour.
En réalité, François Fillon n'a rien du sympathique Droopy. Depuis que par pur orgueil il s'est rallié au candidat Sarkozy, trahissant ainsi ses idées plus encore que punissant le Président en place, il lui semble de plus en plus compliqué de ne pas céder aux sirènes des mots qui feront mal. Ainsi, le triomphalisme de l'après 6 mai lui fera affirmer brutalement qu'il faut rompre, pour rejeter l'imposture morale de cette gauche qui joue à colin-maillard avec l'Histoire, la gauche des grandes âmes sèches, qui pratique la justice sociale comme on offre un caramel mou, du bout des doigts, à la sortie des kermesses dominicales.
Ceci n'est évidemment qu'une illustration de son goût pour les mots choc et blessants.
Alors triste, oui. Mais pas au sens premier du terme.
C'est triste d'user de mots sans en mesurer toute la portée, symbolique ou non. En observant Droopy, on ne décèle rien d'une tristesse que l'on aurait à déplorer de par ses effets sur autrui. Rien de tel chez le chien placide.
Les Guignols feraient bien d'observer davantage le caractère du Premier Ministre. Jusque dans ses moindres détails.
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Le crabe et le surimi
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lundi 15 octobre 2007
mardi 9 octobre 2007
Wide shut
Mais réconfort, je l'ai entendu plus rarement.
Jack Lang, au nom de l'ouverture et de l'éclatement des frontières politiques est appelé dans une commission de réflexion sur la révision de la Constitution. Jack Lang, comme le nouveau Président stagiaire, est un fervent partisan du régime présidentiel. Comme si la Vème République ne permettait pas déjà, de facto, une ultra-présidentialisation... Bien évidemment, Jack Lang a accepté, et peut-on sérieusement le lui reprocher ? Pas vraiment, même si l'on peut être convaincu qu'il s'égare (au gorille). Mais peut-on parler d'audace lorsque, sur un sujet précis, on fait appel à quelqu'un de la même obédience que soi ?
Il en va un peu de même concernant le choix de Bernard Kouchner au ministère des Affaires Etrangères. Appeler à ce poste un Pierre Lellouche light, quelle audace pour un Président qui vient s'excuser de l'arrogance française auprès des hautes autorités texanes...
Pourtant, on s'obstine à nous présenter les choses de façon binaire, en dehors de tout approfondissement idéologique. Puisque X a sa carte à gauche, le faire rentrer dans un gouvernement de droite = ouverture. Oserait-on aller jusqu'à parler d'ouverture si Georges Frêche était appelé au ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale ? Oui, probablement. Pourtant... je vous fais juge.
En fait d'ouverture, c'est bien de béton idéologique qu'il s'agit.
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Le crabe et le surimi
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